Des mesures de conservation trop inefficaces

Le Râle des genêts est directement dépendant des mesures de gestion mises en place sur l’ensemble de ses sites de reproduction. Les mesures de conservation permettant un maintien des prairies alluviales et leur gestion adaptée, telles qu’elles apparaissent dans le plan national de restauration, sont basées essentiellement sur le dispositif des mesures agri-environnementales (MAE). Les cahiers des charges des contrats relatifs au maintien et la gestion des prairies de fauche comportent des mesures spécifiques à la protection du râle là où l’espèce est présente.

Prairie en cours de fauche sur les Basses Vallées Angevines
Prairie en cours de fauche sur les Basses Vallées Angevines
L’évolution des pratiques agricoles (fauche plus précoce et plus rapide) favorisée par des matériels plus efficace limite considérablement les possibilités de reproduction qui ne peuvent s’adapter (cycle biologique fixe).

Néanmoins, ce dispositif, tel qu’il est mis en œuvre en France, repose totalement sur un engagement volontaire des exploitants, sans contrainte de surface ou de pourcentage des prairies à contractualiser. Les pratiques favorables (fauches tardives, techniques adaptées…) doivent également satisfaire aux impératifs économiques des exploitants. Ainsi, des mesures de gestion trop contraignantes ou trop peu incitatives au regard de leur rémunération, résultent en une faible contractualisation par les acteurs locaux.

Les MAE spécifiques au Râle des genêts remportent un maigre succès en général et spécialement là où aucune animation n’est assurée auprès des agriculteurs. De plus, les programmes dont les modalités de souscription sont revues tous les 5 ans sont souvent très localisés, trop temporaires et ne disposent pas toujours de protocole de suivi ni d’évaluation.

Localisation

Toutes les zones de prairies humides alluviales de France.

Incidences

La population de râle des genêts ne cesse de décroitre sur le territoire national bien qu’il existe des sites sur lesquels les populations restent stables ou augmentent (Basses Vallées Angevines, Lorraine, Champagne Ardenne, Picardie…). Au milieu des années 70, la population française était estimée à 2 800 mâles chanteurs, au début des années 80, à 2 200 et à la fin des années 90 à 1 300. Aujourd’hui en 2009, elle n’est plus que de 550 mâles chanteurs. La population a ainsi baissé de 80 % en 35 ans et de 50 % depuis 20 ans.
L’espèce poursuivi son déclin, n’atteignant même plus les 400 mâles chanteurs entre 2010 et 2012.

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